Chemin de Mémoire de Saint-Julien-les-Villas

Culturel ,  Historique ,  Pédestre à Saint-Julien-les-Villas

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3.7 km
Boucle
Pédestre
1h
Très facile
  • Tout promeneur empruntant ce chemin fera un saut dans l'histoire grâce aux différentes bornes installées tout au long de la boucle !

    Ce chemin de mémoire est la concrétisation d'un projet initié par les commissions "Politique de la Ville" et "Citoyenneté" de la commune de Saint-Julien-les-Villas. Il a été réalisé par des personnes de bonne volonté tant du Conseil Municipal que de Sancéennes et Sancéens qui ont désiré s 'investir dans ce travail.
    Cette magnifique aventure est née au cours de la réunion du 16 décembre 2014 dont l'objectif était de valoriser le patrimoine intellectuel, historique, artistique ou architectural de notre commune.
    Le thème "Chemin de mémoire 1939-1945" s'est imposé parmi d'autres car il permet de transmettre la mémoire aux générations montantes et futures qui bien souvent ignorent que notre commune fut, pendant la lutte contre le nazisme, le théâtre d'actions héroïques accomplies par des hommes et des femmes humbles et anonymes : les Résistants.
    Tout promeneur empruntant ce chemin fera un saut dans l'histoire grâce aux différentes bornes installées tout au long de la boucle d'environ 4 km et découvrira ainsi de façon vivante, l'essentiel des actions menées sur notre sol. Ce chemin de mémoire est complété par un livre, qui reprend et approfondit chaque étape avec des documents et des témoignages d'époque.
    Les enfants, eux, pourront se plonger cette histoire, qui leur est racontée dans le livre hors série "Émeline et le Chemin de Mémoire de Saint-Julien-les-Villas" de la maison d'édition auboise Actual Kids.
    Souhaitons que ce Chemin de Mémoire 1939-1945" apporte une réelle découverte du patrimoine historique de notre belle commune , Saint-Julien-les-Villas
  • Dénivelé
    40.2 m
  • Documentation
    Les fichiers GPX / KML vous permettent d'exporter le tracé de votre randonnée sur votre GPS (ou autre outil de navigation)
  • Médias
Points d'intérêt
1 Le dépôt d'Essence Desmarais Frères
Ici s'élevaient en 1939,les gigantesques réservoirs de carburants (essence et huile) appartenant à la société Desmarais-Frères, anciennement propriétaire de la marque d'essence "Azur", aujourd'hui groupe Total.
Durant l'occupation allemande, ce lieu devient un site de première importance.
Le 14 juin 1940, l'aviation allemande bombarde le quartier ; les citernes explosent et flambent. Une grande quantité de carburant s'est répandue dans le sol, le long et au fond du canal sans eau. Sancéens et troyens creusent des trous pour récupérer ce précieux liquide.
Dans la nuit du 4 au 5 mai 1944, un sabotage exécuté par les Résistants de l'Armée Secrète et ceux de Résistance-Fer cause la destruction totale de 800 000 litres d'essence et de 90 000 litres d(huile. L'incendie illumine le ciel durant plusieurs nuits et jours. Considérés comme complices, les gardiens du dépôt, seront arrêtés et déportés au camp de concentration de Dachau, près de Munich en Allemagne.
Dans la nuit du 26 au 27 juin 1944, Charles Walter, résistant de l'Armée Secrète, vole une citerne de 5 000 litres d'essence, pour la conduire au maquis de Mussy sur Seine et incendie le reste. Cette fois, les 13 gardiens seront ramenés au maquis par les saboteurs, leur évitant ainsi de lourdes représailles.


2 La Maison Romagon - 4 rue des Philipats
Né aux Riceys, Maurice Romagon travaille d’abord dans l’exploitation forestière de son père. Il adhère au parti socialiste unifié après son tour de France avec les Compagnons. Banni par sa famille pour ses idées politiques, il épouse Edwige Jourd’heuille qu’il a rencontrée lors de la révolte des vignerons en 1911. Il participe à la Première Guerre mondiale qu'il qualifie de «boucherie». Démobilisé, il s'installe avec sa famille dans la maison éclusière du canal sans eau à Saint-Julien-les- Villas où il est embauché à la scierie Huot. Son adhésion au Parti Communiste Français en 1920 provoque son licenciement. Il devient formeur en bonneterie, puis porteur de journaux à domicile. Il fait construire cette maison en 1934 grâce à la Loi Loucheur. En 1937, après la victoire du Front Populaire, il est élu conseiller d’arrondissement (conseiller départemental aujourd’hui). Le 3 septembre 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate. Maurice Romagon prend la direction clandestine de la Fédération de l'Aube du Parti Communiste désormais interdit.
Arrêté une première fois en mars 1940 par la police française pour «reconstitution d'un parti interdit», emprisonné à Dijon, il s'évade en juin lors de la débâcle. En août, contacté par un envoyé du Parti Communiste clandestin il reçoit ses premières instructions : récupération d'armes et distribution de tracts. Le 5 septembre 1940, Il met sur pied, avec 9 autres camarades de Saint-Julien, la première réunion de résistants communistes qui a lieu dans le bois du Château des Cours.
Arrêté de nouveau en octobre 1940, il est incarcéré à Troyes, condamné à 2 ans de prison et transféré à la centrale de Clairvaux. Edwige devra vendre leur maison pour payer les frais du procès.
Désigné comme otage, il est fusillé le 7 mars 1942, après avoir refusé l'évasion que lui proposaient ses gardiens.
3 l’étoile ferrée, les 4 aiguillages et la gare - 19 Avenue de la gare
C’est ainsi que l’on nommait, en 1939, cet endroit du réseau appartenant alors à la Société Nationale des Chemins de Fer Français (SNCF) à cause des différentes directions que prenaient les trains vers le Sud et l'Est de la France.
Dans la nuit du 20 au 21 janvier 1940, la collision d'un train de soldats en permission avec un train de marchandises provoque un important déraillement ; on dénombre 10 morts et 40 blessés.
Le 14 juin 1940, la gare est bombardée par l'aviation allemande. Quelques jours plus tard, l'armée allemande occupera la moitié du territoire français.
Le 3 août 1944, à 16h10, parun temps magnifique, l'aviation alliée américaine attaque et bombarde le quartier afin de désorganiser définitivement le trafic ferroviaire de l'occupant nazi dans toute la région. Tous les aiguillages sont détruits, le quartier aussi : 45 maisons sont détruites ou endommagées, 400 impacts de bombes sont relevés, 7 morts, 6 blessés. Madame PIFFRE, garde barrière, est tuée alors qu'elle était à son poste de travail, dans sa guérite, actionnant les barrières du passage à niveau.
4 la coopérative agricole
Construits de 1935 à 1937, les silos de la coopérative et leur contenu (surtout des céréales) sont réquisitionnés par l’armée allemande dès le début de l’occupation du territoire, en juin 1940 pour leur propre consommation. De ce fait et de par la situation des silos en bordure de la voie ferrée, ce site est hautement stratégique donc dangereux. Parmi les employés se formera, en 1943, un groupe de Résistants de l'Armée Secrète.
Dès le 23 juin 1940, les Sancéens, comme tous les Français des territoires occupés sont confrontés au problème quotidien de leur ravitaillement. La nourriture est devenue rare car les troupes allemandes se servent d’abord et réquisitionnent une grande part de la production agricole.
De plus, près de 400 000 agriculteurs français sont prisonniers en Allemagne. Les produits de première nécessité doivent être rationnés afin que chacun puisse s'en procurer un peu.
Les mairies délivrent donc des tickets d’alimentation, de tabac, de textile contre lesquels les Français peuvent acheter les produits essentiels au prix de longues heures d’attente devant les boutiques et magasins.
Les effets du rationnement se feront sentir sur la population jusqu'en 1949, date à laquelle les tickets de rationnement seront enfin supprimés.
5 la maison Barth - 25 rue rené gillet
Dans cette petite maison, Violette et Albert BARTH, modestes ouvriers, accueillent entre 1940 et 1944, des Résistants, des maquisards, de grands blessés et même des aviateurs anglais et américains, auxquels ils offrent boissons, couverts, gîte et vêtements. Ce sont des « hébergeurs». Tous les hôtes clandestins de la famille
BARTH connaîtront la libération sains et saufs.
Après la guerre, Violette et Albert recevront les félicitations des gouvernements britannique et américain pour l’aide apportée aux aviateurs alliés au cours de leur mission sur le sol français.
6 le terrain des religieuses du Bon Secours - 19 rue René gillet
Fin Juin 1940, les Allemands installent un camp de prisonniers français dans l’enceinte fermée de la congrégation des religieuses du Bon Secours. Plusieurs centaines d’hommes y seront parqués pendant 3 mois, sans protection contre les intempéries avant d'être transférés au centre pénitencier des Hauts-Clos.
7 La gendarmerie - 23 rue Gambetta
Le 14 novembre 1940 est créée la brigade de Saint-Julien composée de 6 hommes : le Maréchal des Logis-chef Charpentier, commandant la brigade, et les gendarmes Bony, Debost, Marnat, Sadorge et Viaux.
Au cours des années 1941-1942, les gendarmes aident les prisonniers de guerre évadés et les réfractaires du Service du Travail Obligatoire (S.T.O.) en leur fournissant de fausses cartes d’identité.
En 1943, la brigade recrute des maquisards pour l'Armée Secrète. La même année est créé à Londres le Bureau des Opérations Aériennes (B.O.A.). Ce bureau s'occupe de parachuter en France, des armes et de l'argent à destination des différents mouvements de Résistance.
Fin 1943, la brigade s'engage au complet au Bureau des Opérations Aériennes
B.O.A du Docteur Bell, médecin de Saint-Julien. Les gendarmes effectuent les liaisons et participent aux parachutages. Ils aident TOUS les mouvements de Résistance.
Le 12 juin 1944, le gendarme Debost rejoint le maquis de Saint-Mards-en-Othe : le 22 août, les autres ferment la gendarmerie et participent à la libération de Troyes. Tous les membres de la gendarmerie de Saint-Julien-les-Villas appartenaient à la Résistance, ce qui est une réalité assez rare pour être soulignée.
8 La laiterie Gobin - 84 avenue de la gare
M.et Mme GOBIN créent «la laiterie de la Seine» en 1940. Recrutés par Henri
5 GUENIN leur voisin garagiste déjà engagé dans la Résistance, ils deviennent un
important maillon de la chaîne du transport d'armes envoyées par Londres.
Paul GOBIN, leur fils fait partie du groupe de saboteurs de Saint-Julien-les-
6 Villas agissant sur « l'étoile ferrée » au niveau de la gare. En juin 1944, après le débarquement allié en Normandie, Paul rejoint les maquis qui s'installent en forêt d'Othe. Il survivra à l'attaque du maquis de Saint-Mards-en-Othe le 20 juin 1944 et rejoindra sa famille à Saint-Julien-les-Villas à la libération.
9 le garage Guénin - 11 rue aristide briand
Membre du Bureau des Opérations Aériennes (B.O.A.) depuis sa création, Henri Guénin, garagiste, est un organisateur et un recruteur extrêmement efficace pour la Résistance.
Le 12 janvier 1944, Henri Guénin succède à son ami le Docteur Bell à la tête du BOA. Après le parachutage du 23 mai 1944 de 6 millions de francs et de 4 agents anglais sur le terrain de La-Lisière-des-Bois (près de Saint-Mards-en-Othe), Henri Guénin conduit les hommes à Paris et remet les fonds à l'Etat Major du BOA. Dénoncé, M. Guénin est arrêté le 25 mai 1944. Transféré à Dachau dans le convoi du 2 juillet 1944, appelé aussi «Train de la Mort», il meurt à Flossenburg le 23octobre, brûlé vif par ses bourreaux.


10 Le café Paulen - 8 rue Aristide Briand
Dès le début de la Résistance, les époux PAULEN, propriétaires du café de «La Boule d'Or» accueillent dans l'arrière-salle de leur café les Résistants des différents réseaux afin que les patriotes puissent y tenir des réunions en toute sécurité.
Les époux PAULEN prennent des risques majeurs en facilitant ces contacts et permettent à l'action clandestine des Résistants de s'effectuer avec un maximum d'efficacité.
Grâce à leur action en faveur de la Résistance, le café de la Boule d’Or est considéré comme un haut lieu de la Résistance à Saint-Julien-les-Villas.
11 Robert Vassart - 15 rue Danton
En novembre 1940, Robert VASSART est Procureur de la République au Tribunal de Troyes.
Il agit secrètement pour la Résistance, sous le pseudonyme de Vatel. Il n’aura de cesse de travailler à la libération de patriotes arrêtés par la police de Vichy ou par les autorités allemandes. Ainsi, Auguste LIENHARDT, Georges DHEILLY, Eugène KILIAN, Résistants sancéens, seront libérés de la prison de la rue Hennequin grâce à l'action du Procureur VASSART.

A partir du mois d'avril 1944, il dirige la commission d'épuration de l'Aube, composée des différentes tendances de la Résistance, son but est de préparer et d'assurer le retour à la légalité après la libération de la France et de préparer le « châtiment » des traîtres.
C’est dans le bureau du procureur, qu’ont lieu la nuit, dans le plus grand secret, les premières réunions de cette commission, au cours desquelles sont examinés cas par cas les actes de collaboration relevés dans le département et le traitement qu’il convient de leur appliquer.
Hélas, le climat devenant malsain autour de lui, le Procureur VASSART quitte Troyes et se met en sécurité à Paris où il participe très activement à la libération de la ville. Puis il devient Procureur de la République de Paris avant d'être nommé Conseiller à la Cour de Cassation en 1955.
12 Le square Pierre Brision - Rue Danton
Cette stèle rend hommage à Pierre Brision, Résistant-Déporté né à Saint-Julien- les-Villas en 1923. Pierre Brision a 17 ans lorsque les nazis occupent la France. Il se révolte contre le fait que son père soit emprisonné pour son engagement syndical par le gouvernement de Vichy aux ordres des Allemands. A 18 ans, il entre en Résistance en sabotant le prototype d'avion qu'il met au point à Toulouse. Il passe en Espagne où il est fait prisonnier par les carabiniers fascistes du Général Franco qui le livrent à la police française.
Interné à Bordeaux, il est déporté au camp de concentration de Buchenwald, en Allemagne en juin 1943, où il va passer 21 mois au cours desquels, il connaît les coups et les humiliations et où il côtoie la torture et la mort.
Le 11 avril 1945, le comité militaire de Résistance créé par les déportés eux-mêmes, dont il fait partie, passe à l’action et libère le camp avant l’arrivée des troupes américaines.
Pierre Brision n’eut de cesse de transmettre pendant toute sa vie, aux jeunes générations, le message contenu dans le serment prononcé par les survivants de Buchenwald le jour de leur libération, scellant entre eux un pacte d'espoir «d'un monde de solidarité où tous les êtres humains s'épanouiraient dans le respect de leurs droits, dans la Paix et la Liberté.»
Pierre BRISION est décédé en 2009.
13 La mairie - 3 rue de l'Hôtel de Ville
Ce bel édifice fut construit en 1937.
En 1940, le maire de Saint-Julien-les-Villas M. Gustave BRUNOTTE, refuse d'apposer le tampon «JUIF» sur les cartes d'identité des personnes de confession israélite habitant à Saint-Julien-les-Villas, et répond au secrétaire Général de la Préfecture (qui lui a transmis cet ordre de la Kommandantur) : «il n'y a personne de confession juive à St Julien».
14 la Maison Bell - 27 rue Gambetta
En 1937, le Docteur Jacques BELL, son épouse Élisabeth et leurs 4 enfants s'installent, dans cette belle maison du 27 rue Gambetta.
Le Docteur Jacques Bell dit Mozart dans la Résistance, est le premier chef départemental du Bureau des Opérations Aériennes (créé en 1943 à Londres).
Médecin le jour, il s’occupe la nuit des parachutages sur les terrains du département. Dénoncé, donc en danger, il entre dans la clandestinité le 12 Janvier 1944. Henri
GUENIN, le garagiste, le remplace à la tête du BOA de l'Aube.
Son épouse Elisabeth continue de distribuer clandestinement des aides aux familles des Résistants arrêtés ou déportés jusqu'à la fin de la guerre.
Le Docteur BELL est décédé en 1967.
15 Le cimetière - 2 rue de l'Egalité
Ici reposent des soldats, des Héros de la Résistance, humbles et modestes Sancéens «MORTS POUR LAFRANCE», et les victimes civiles des bombardements de 1940 et 1944 sur notre commune.
Ici ne reposent pas les deux innocentes victimes sancéennes de la barbarie nazie lors du massacre de la population de Buchères le 24 août 1944, inhumées dans le petit cimetière de cette commune, et nos concitoyens Héros de la Résistance, morts en déportation dans les camps de concentration nazis : Mauthausen, Flossenburg, Breslau, Dora, Elrich, Ravensbrück.
16 Le Bois du Château des Cours - 70 rue Gambetta
En 1940 le domaine du château des Cours couvre 40 hectares de surface boisée de magnifiques arbres plus que centenaires. Malheureusement la superbe demeure édifiée par Nicolas Rémond à la fin XVII siècle est dans un état pitoyable. Les années qui vont suivre, vont finir de la ruiner, car le domaine va servir de champ de manœuvre à l’armée d’occupation allemande.
C'est dans ces bois, que le 5 septembre 1940, Maurice Romagon réunit 6 camarades de Saint-Julien-les-Villas : à la fin du XVII siècle, ils mettent sur pied la première organisation de la Résistance communiste dans l'Aube qui a pour but la récupération d’armes, mais aussi le tirage et la distribution de tracts anti-allemands.
40 mètres de dénivelé
  • Altitude de départ : 116 m
  • Altitude d'arrivée : 117 m
  • Altitude maximum : 119 m
  • Altitude minimum : 109 m
  • Dénivelé total positif : 40 m
  • Dénivelé total négatif : -39 m
  • Dénivelé positif maximum : 4 m
  • Dénivelé négatif maximum : -5 m