Rue Maillard au XVe s. , ses habitants prennent vite l’habitude de l’appeler « ruelle des Chats », devenu son nom officiel : «les toits, à force de se contempler depuis des siècles, ont été pris de tendresse réciproque… Les chats peuvent passer d’un grenier à l’autre sans risquer de faire un faux pas. »
Pavée à l’ancienne, comme l’étaient les rues de Troyes dès le XIIIe s, la ruelle des chats a une rigole centrale selon l’usage d’alors : les privilégiés « tenaient le haut du pavé » pour ne pas se salir. Sombre mais charmante, elle mène vers la très jolie cour du Mortier d’Or, qui vous permettra de voir l’arrière des maisons à pans de bois, avec leurs belles galeries coursives. Les abouts de poutre sont sculptés de sujets d’inspiration souvent guerrière. L’ensemble est restauré en 1981 par les Compagnons du Devoir.
Notez aussi l’éclairage ancien. Dès 1534, le Conseil de Ville décide d’éclairer Troyes, durant les périodes des foires de Champagne, par des chandelles de suif dans des lanternes.
En 1766, il y a 150 lanternes publiques allumées en hiver dans les rues principales. Le suif cède la place à l’huile en 1800, puis au gaz en 1842 et l’électricité arrive au début du XXe s.
La rue du Mortier d’Or était une partie de l’actuelle rue des Quinze-Vingts. Celle-ci doit son nom à la maison que possédait, au n°3, l’hospice des Quinze-Vingts, fondé à Paris par le roi saint Louis en faveur de 300 chevaliers revenus de Croisade avec les yeux crevés : l’hospice compte alors 15 chambres de 20 lits.
A côté de la cour du Mortier d’Or, au n°25 de la ruelle des Chats, la belle maison à pans de bois verts est construite au XVIe s. pour Pierre de Mauroy, seigneur de Colaverdey, maire de Troyes de 1517 à 1521 et parent de Jean de Mauroy, dont l’hôtel restauré abrite, non loin d’ici, la Maison de l’Outil et de la Pensée ouvrière.
Place Jean Jaurès
L’ancienne rue Notre-Dame (aujourd’hui rue Emile Zola) s’évase vers l’ouest en une vaste place triangulaire, le Marché-au-blé.
Le commerce des céréales, fondement de l’alimentation médiévale, actif et lucratif, explique la présence de nombreuses auberges et hôtels tout autour de la place durant plusieurs siècles, dont par exemple l’hôtel du Mulet ou l’hôtel des Trois Rois.
Mais la place sert aussi à exécuter les condamnations : on y trouve au XVIe s. deux piloris, où l’on expose les délinquants face au public, et une potence, où l’on pend les criminels. La Révolution française juge que les exécutions capitales seraient moins cruelles grâce à la guillotine : c’est sur cette place aussi qu’elle est dressée.
Parmi les condamnés célèbres, l’histoire a retenu le nom de Claude Gueux, emprisonné à Clairvaux et guillotiné en 1832. Son exécution a indigné Victor Hugo qui publie à son sujet un fameux pamphlet contre la peine de mort. Lors d’un voyage en 1839, il s’est arrêté ici pour méditer. « J’ai songé longtemps à ce pauvre ouvrier intelligent et noble, mort il y a sept ans en ce même lieu, par la faute de la société, qui ne sait ni élever l’enfant, ni corriger l’homme. »
Le grand immeuble qui borde la place est la Bourse du travail de 1905 à 2006. Il est construit en 1837 pour devenir « Halle à la bonneterie » : les fabricants de tout le département viennent y vendre leurs produits, puis elle abrite les syndicats troyens.
La maison qui porte le n°28 a vu naître Édouard Herriot (1872-1957), qui fut maire de Lyon, sénateur, président du Conseil et président de l’Assemblée nationale.
La place porte depuis 1919 le nom de Jean Jaurès, éminent homme politique français, député de Carmaux (Tarn), socialiste et pacifiste, qui fut assassiné à Paris à la veille de la Première Guerre mondiale.
Situation : Entrée Rue Champeaux et rue Charbonnet et entrée rue Champeaux, et rue des Quinze vingt

