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« On n’élève pas de stèle mortuaire à la mémoire des Justes. Le rappel de leur enseignement constitue le meilleur hommage à leur rendre ».
Talmud de Jérusalem – Traité Shekalim (II,5) |
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Lieu n°1 : L’institut Universitaire RACHI
L’Institut Universitaire Européen Rachi a ouvert ses portes en 1989. Cet établissement d’enseignement supérieur est un centre universitaire d’études et de recherches hébraïques ouvert à tous.
Dans la salle du rez-de-chaussée, vous pourrez y admirer la sculpture réalisée par Raymond Moretti (1931-2005), intitulée « Yonah », la Colombe,composée de lettres de l’alphabet hébraïque. Elle illustre l’espérance de paix et de spiritualité.
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L’Institut vous propose également de visiter l’exposition « Rachi et les Juifs de Troyes au Moyen-Âge », conçue par la Médiathèque de l’Agglomération Troyenne en 2005 en collaboration avec l’Institut Rachi, à l’occasion des commémorations du 900ème anniversaire de la disparition de Rachi.
Entrée libre : du lundi au jeudi de 13h30 à 17h30, le vendredi de 9h00 à 13h00.
Adresse : 2 rue Brunneval, à Troyes Tel : 03.25.73.82.67
Site Internet : http://www.institut-rachi-troyes.fr
Mail : institutrachi@wanadoo.fr |
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Lieu n°2 : La Synagogue
L’actuelle synagogue de Troyes est située en lieu et place d’une abbaye du XVIe siècle. Cette vaste demeure à pan de bois abrite la synagogue depuis 1960.
Adresse : 5 rue Brunneval à Troyes
Horaires : Lundi, mardi, jeudi et vendredi de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00 et mercredi de 14h00 à 18h00
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Lieu n°3 : L’église Sainte Madeleine*
L’église Sainte Madeleine est la plus ancienne église de la ville. Elle est célèbre pour la finesse des sculptures de son jubé (l’un des neuf derniers de France). L’église abrite de magnifiques vitraux datant du XVIe siècle, dits de « l’Ecole champenoise ». Parmi ces vitraux vous pourrez admirer « l’arbre de Jessé ».
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Ce vitrail représente l’ascendance généalogique du Christ depuis Jessé, père du roi David. Selon le prophète Isaïe, « un rameau sortira du tronc de Jessé, un surgeon poussera de ses racines. Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur ». L’iconographie de l’arbre de Jessé se développa avec le culte rendu à la Vierge Marie au XIIIe siècle, les commentateurs voyant la Vierge Marie dans le rameau, le surgeon étant le Christ.
Jessé est généralement représenté comme un vieillard, le visage orné d’une longue barbe. De sa poitrine sort un arbre, dont la dernière branche supporte la Vierge tenant Jésus dans ses bras. |
| Lieu n°4 : L’ancien cimetière juif
L’ancien cimetière juif de la ville, aujourd’hui disparu, se trouvait à l’entrée du quartier de Preize. Le cimetière fut établi ici au XIIe siècle et détruit au XVe siècle. Le terrain prit alors le nom de « Champs aux Juifs ».
A proximité de la rue de Preize, l’esplanade devant la médiathèque porte le nom de « Rachi, Rabbin et exégète troyen du XIe siècle » depuis 2006.
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Lieu n°5 : Le monument Moretti
Le monument du sculpteur Raymond Moretti dédié à Rachi, inauguré en 1990, se trouve devant le théâtre de Champagne. Il est constitué d’une sphère de carbone montée sur un socle en granite de forme héxagonale de 2,80 mètres de diamètre.
L’artiste s’est inspiré du contraste des couleurs tel que la Cabbale le définit.
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| On verra en creux, l’acronyme de Rachi en hébreu et les dates de naissance et de mort du grand exégète. On admirera la sobriété du monument qui, originellement, était doté d’un rayon laser indiquant la direction de Jérusalem. Ce rayon ne fonctionne plus afin de ne pas gêner les avions qui survolent l’agglomération. |
| Lieu n°6 : La Cathédrale Saint Pierre et Saint Paul *
La cathédrale Saint Pierre et Saint Paul, construite du XIIIe au XVe siècles, est caractéristique du courant gothique. Seule la tour Saint Pierre fut entièrement terminée pendant cette période, la tour St Paul étant restée inachevée depuis 1545. |
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L’ancien quartier juif de la ville : le quartier Saint Frobert
Le quartier Saint Frobert constitue l’ancien quartier juif de Troyes. Il regroupe les rues Hennequin, Saint Frobert, du Paon, des Cordeliers, Audiffred et Boucherat.
Au Moyen-Âge, le quartier Saint Frobert portait le nom de « Brosse aux juifs » ou de « Juiverie ». La Brosse désignait les broussailles qui encombraient les rues de ce quartier, proche de la campagne.
Au XIe siècle, ce quartier abritait plusieurs familles juives dont celle de Rachi.
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La communauté juive troyenne put se développer grâce à la protection que leur accordèrent les Comtes de Champagne du XIe au XIIIe siècles entre les règnes d’Henri le Libéral et de Thibault IV. Même si les familles juives se regroupaient dans ce quartier, rien ne les distinguait du reste de la population. Ce n’est qu’en 1215 que l’Eglise obligea les juifs à porter un signe distinctif sur leurs vêtements sous forme d’une pièce d’étoffe jaune, appelée rouelle.
Lieu n°7 : La rue Hennequin est l’emplacement supposé des vignes cultivées par Rachi pour subvenir aux besoins de sa famille.
Lieu n°8 : La rue Saint Frobert : l’église Saint Frobert, disparue suite à un incendie en 1830, fut construite au XVIe siècle sur l’emplacement de l’ancienne synagogue du quartier. Aujourd’hui, ce bâtiment est devenu un immeuble d’habitation.
Lieu n°9 : La rue du Paon : d’après les descriptions que Rachi a pu laisser sur son lieu d’habitation, on peut affirmer qu’il résidait dans la rue du Paon, bien que l’on ne puisse pas déterminer avec exactitude l’emplacement de sa maison.
Lieu n°10 : A l’angle de la rue de la Cité et du quai des Comtes de Champagne, se trouvait la Porte de la Girouarde, marquant l’entrée du quartier juif.
Son nom viendrait du champenois girour, signifiant " l’homme au veau d’or " ou " porte aux juifs ".
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| SALOMON BEN ITSHAK, plus connu sous l’acronyme de RACHI, RAbbi CHlomo fils d’Isaac, est né à Troyes en 1040.
Nous savons aujourd’hui peu de choses sur sa jeunesse, bien que de nombreuses légendes nous soient parvenues.
Rachi passe ses jeunes années à Troyes, avant de partir pour la Rhénanie durant une dizaine d’années. Là, il fréquente les écoles talmudiques de Mayence et de Worms. Dans cette dernière, il étudie auprès de Jacob Ben YAKAR, élève de Rabbenou GUERSHOM, connu sous le nom de « la Lumière de l’exil ».
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De retour à Troyes, Rachi fonde sa propre école talmudique à l’âge de vingt cinq ans. Cette yechiva acquiert une renommée telle qu’elle accueillera des élèves venant de l’Europe entière. Rachi dirigera son école jusqu’à la fin de sa vie.
Marié en 1067, Rachi a trois filles qu’il marie à ses meilleurs disciples. Ces derniers reprennent le flambeau de la transmission et du commentaire, formant ainsi la fameuse école des Tosafistes.
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Rachi, considéré comme le Sage de sa génération, meurt à Troyes le 13 juillet 1105, à l’âge de soixante-cinq ans. Selon la tradition, il serait mort en écrivant le mot « pur ». Son lieu de sépulture est encore aujourd’hui inconnu, même si on peut supposer que son tombeau figure au milieu du carré juif du cimetière médiéval de la ville de Troyes, aujourd’hui disparu.
Rachi acquiert de son vivant le surnom de Parshandata mot araméen signifiant « commentateur par excellence », qualité qu’on lui attribue encore aujourd’hui. |
Il fut surnommé ainsi par Abraham Ibn Ezra dès la deuxième moitié du XIIe siècle en Espagne.
Rachi développe une exégèse (étude approfondie et critique des écritures saintes) très moderne de la Bible et du Talmud qui marquera l’interprétation des textes sacrés en usage dans la Tradition juive. Dans ses commentaires, il apporte le sens premier du texte, pshat, et son argumentation, taâm, avec précision et concision, tout en s’attachant à expliquer le texte dans son intégralité.
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Ses remarques viennent généralement en réponse aux questions de ses disciples. Ces « responsa » (questions et réponses) sont le miroir de la vie communautaire juive de l’époque et constituent une source historique importante.
Dès le XIIe siècle, les commentaires de Rachi connaissent un rayonnement considérable dans le milieu juif : son enseignement renouvelle l’exégèse, particulièrement en France du Nord, où ses disciples développent son commentaire et affinent sa méthode à travers la création de maisons d’études juives. |
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A cette époque, de nombreuses interprétations juives passent également dans les commentaires chrétiens, afin d’expliquer le texte biblique, tant dans ses aspects grammaticaux et linguistiques que dans la recherche du contexte historique. Le moine franciscain Nicolas de LYRE (1270-1340) cite très souvent Rachi dans ses propres commentaires de la Bible, qui deviennent le commentaire de référence jusqu’au XVIIe siècle. |
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Au XVIe siècle, avec le renouveau des études hébraïques, plusieurs commentaires de Rachi sont publiés en hébreu et traduits en latin par les hébraïsants chrétiens (Sébastien MUNSTER, Gilbert GENEBRARD…).
Comme au Moyen-Âge, ces commentaires donnent des éclaircissements sur le texte de la Bible et permettent de mieux comprendre des points d’histoire et de civilisation. |
Dans son commentaire écrit, Rachi a transcrit plusieurs milliers de mots champenois du langage courant en caractères hébraïques, dans le souci d’une meilleure compréhension par ses disciples. En effet, l’hébreu n’est plus parlé depuis sept siècles et le vieux français est la langue vernaculaire des jeunes disciples de Rachi.
Ces mots, connus sous le nom de la’azim (« en langue étrangère »), apparaissent toujours aujourd’hui dans son commentaire. Ils constituent un trésor de la langue française car ils forment l’un des premiers corpus de termes français dans le domaine de la vie quotidienne et des techniques médiévales. La richesse de ce corpus ouvre la voie à de nombreuses recherches dans les domaines linguistiques et historiques.
Grâce à la renommée de Rachi, Troyes demeure le centre européen talmudique le plus actif jusqu’au XIVe siècle. Après la Shoah, la ville de Troyes est redevenue un centre juif avec une communauté organisée et, depuis 1989, la ville accueille un Institut universitaire européen Rachi débordant d’activités autour du personnage et de l’œuvre de Rachi.
*Les monuments imprimés en couleur ne font pas partie du circuit Rachi stricto sensu.
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RENSEIGNEMENTS COMPLEMENTAIRES
Office de Tourisme de Troyes et sa Région
16, bd Carnot (bureau gare) : tél
03 25 82 62 70
Rue Mignard (bureau centre-ville) : tél
03 25 73 36 88 |